07-01-07

Amnesty International et l'ICT

Amnesty a mené une action à propos d’une fusillade à la frontière entre le Tibet et le Népal. Un groupe de 70 Tibétains tentait de passer la frontière clandestinement et une personne du groupe a été tuée par les gardes-frontières, ce que confirment des alpinistes présents non loin de là. On peut marquer notre accord avec l’intitulé de l’action d’Amnesty : « recours à une force excessive ». Néanmoins, dans les commentaires générales, Amnesty va beaucoup plus loin. « D’après International Campaign for Tibet (ICT), 2000 à 3000 Tibétains fuient chaque année la Chine pour gagner l’Inde par le Népal. Environ un tiers de ces personnes sont des enfants…, les autres étant pour beaucoup des moines et des nonnes… ».            Commentaire:* "les 2000 à 3000 Tibétains par année qui quittent le Tibet": cela ne colle pas à la vérité. Le gouvernement en exil du dalaï-lama lui-même en donne la preuve. Il dit que la communauté tibétaine à l'étranger compte 120.000 personnes. Et ils sont réellement "comptés", car ils paient un légère contribution annuelle et les adultes participent aux élections du premier ministre en exil. Son gouvernement et lui-même disent aussi que la communauté tibétaine en exil comptait 80.000 personnes à la fin des années 50. Les 40.000 en plus constituent une évolution démographique +/- normale de cette communauté, même inférieure à la croissance de la population tibétaine en Chine, qui a plus que doublée depuis lors. Si on croit l'ICT et qu'on prend 2.500 sortants par année, multiplié par 45 ans, cela ferait 110.000 personnes en plus déjà sans tenir compter de l'évolution démographique. Ce qui n'est donc pas le cas.* Amnesty devrait se méfier des infos de l'ICT, qui sont au moins tendancieux. Le directeur de l'ICT, John Ackerly, est un agent de l'état américain et a fait ses preuves en Roumanie dans les années '80 en y organisant et finançant un parti d'extrême droite et favorable à l'occident. Le président d'honneur est Richard Gere et le président est Lodi Gyari (la famille Gyari appartenait à la grande noblesse dans le régime féodal au Tibet d'avant '59), l'ambassadeur du dalaï-lama auprès des Etats-Unis. Dans le conseil d'administration de l'ICT figurent encore plusieurs fonctionnaires des USA. L'ICT reçoit annuellement 3 million de dollars de subsides des Etats-Unis. (voir e.a. leur propre site web). Le mécanisme pour désinformer est parfaitement en place.* Il y a des familles Tibétaines qui veulent envoyer un enfant en Inde. La raison est plus "faire carrière" que "religieuse". L'enseignement religieux est parfaitement possible au Tibet même. Je l'ai vu dans des centaines de monastères et l'écrasante majorité des gens là-bas en témoigne. Mais en Inde ils apprennent plus vite l'anglais, reçoivent beaucoup de subsides et une petite carrière internationale est peut-être atteignable. Un Tibétain qui arrive aux Etats-Unis reçoit un logement gratuit, une assurance maladie gratuite, un ordinateur avec accès internet et 550 dollar d'argent de vie par mois (témoignage de Kim Lewis, bouddhiste américaine).Pour amener ces enfants clandestinement en Inde, il existe un réseau de "passeurs", que les familles paient. Un Tibétain, qui participait à la colonne des 75, qui ont essayé de franchir le col près du mont Cho Oyu et qui lui a réussi à arriver de l’autre côté, déclare que chacun a payé 4500 yuan (450 euros) pour le « passage » (site de France-Tibet, Ile de France – un site partisan de l’indépendance). C’est une somme énorme pour un Tibétain moyen. Chez nous on appelle cela de la "traite humaine".   

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